

Un peu plus d’une soixantaine de personnes ont participé à ce rassemblement à l’appel de 14 organisations ce 15 janvier.
Ismaël Dupont, Fabris Cadou, Sébastien Menes, et Pascal Roméas ont lu à plusieurs voix un texte commun du collectif d’organisation pour ce rassemblement contre l’agression du Venezuela et l’impérialisme de Trump, et pour la défense du droit international.
Photos Fabris Cadou, Ismaël Dupont, Julie Mathieu
Stop à l’agression impérialiste des États-Unis de Trump contre le Venezuela !
Rassemblement à Morlaix, place des Otages, 17h 30 le jeudi 15 janvier 2026
Par un communiqué commun et un appel à ce rassemblement citoyen, nos organisations ont il y a dix jours d’appeler à ce rassemblement pour prendre la mesure du danger représenté par la politique de Trump et la nécessité de défendre la Paix et le droit international, ainsi qu’une politique non alignée par rapport aux Etats-Unis qui se comportent aujourd’hui en puissance impérialiste et belliqueuse.
Ces organisations sont :
Pour les partis politiques : Le Parti communiste français, La France Insoumise, la Gauche indépendantiste bretonne, Les écologistes EELV, le Parti socialiste, Génération.S, NPA-Anticapitaliste
Pour les syndicats : La FSU, la CGT, Solidaires
Pour les associations : Le Mouvement de la Paix, Morlaix-Wavel, Morlaix-Libertés, Ligue des Droits de l’Homme.
Merci à tous d’avoir répondu à cet appel. Notre mobilisation commune par delà nos différences et le nombre de signataires de cet appel dit notre inquiétude et notre préoccupation partagée face à un climat de violence et de brutalisation des relations internationales.
Nous aurions dû nous réunir il y a une semaine, le 8 janvier, 5 jours après l’enlèvement du chef d’Etat du Venezuela Nicolas Maduro, et de son épouse, Cilia Flores, mais nous avons préférer annuler le rassemblement en raison de l’alerte tempête.
Du coup, ce rassemblement intervient assez tard mais nous avons tout de même décidé de le maintenir car le danger représenté par Trump et plus généralement par le renouveau des politiques impérialistes agressives est immense.
Depuis, le soulèvement populaire en Iran mériterait aussi que l’on exprime, à l’occasion d’un rassemblement pour la solidarité internationale et la paix, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, toute notre solidarité avec une population qui subit de nouveau de plein fouet la répression du régime islamiste, de ses services de sécurité et des milices. Avec plus de 3500 morts déjà hier, et plus de 20 000 arrestations. Nous pensons aussi aux Kurdes d’Alep agressés par le nouveau régime d’Al Jahra, et bien sûr aux Palestiniens qui vivent depuis 2 ans le martyre à Gaza et en Cisjordanie, comme au peuple ukrainien et russe englués dans une guerre d’agression terrible.
Cette année 2026 a donc commencé par un sinistre retour en arrière.
Le coup d’État militaire, les interventions pour contrôler les ressources, la mise au pas des régimes récalcitrants. L’histoire se répète, violente et sinistre. Hélas, un scénario trop familier.
Le président d’extrême-droite des États-Unis, Donald Trump, et l’armée américaine ont mené il y a 13 jours une agression militaire contre le Venezuela, accompagnée du kidnapping du président vénézuélien. Cet acte d’une extrême gravité constitue une violation manifeste du droit international.
Derrière les prétextes sur la démocratie et les droits de l’Homme, la lutte contre le narco-trafic, le but de Trump est bien d’affirmer dans une logique purement impérialiste la puissance des États-Unis, notamment dans le pré carré ou la zone d’influence que constitue le continent américain où il ne peut souffrir aucune contestation de son hégémonie.
Trump veut détruire toute représentation politique qui remet en cause ou conteste cette puissance états-unienne dans son arrière-cour latino-américaine.
Il veut s’emparer des richesses du Venezuela, en excluant d’autres relations commerciales avec d’autres pays comme la Chine.
Le Venezuela est en effet un pays qui dispose dans le monde des plus riches réserves de pétrole, et qui s’est affranchi de la tutelle américaine depuis la présidence de Hugo Chavez et « la révolution bolivarienne » à la fin des années 90.
Il s’agit aussi d’imposer à terme de nouveau au Vénézuela un régime docile aux multinationales des États-Unis même si ce n’est pas fait puisque Delcy Rodríguez, la nouvelle présidente par intérim, tient un discours de résistance et est la fille d’un militant marxiste torturé à mort par la police vénézuélienne, et donc pas forcément prête à brader les combats historiques de la gauche au Venezuela.
Pour Trump, dans son langage sommaire de brute épaisse, c’est un message clair envoyé aux ennemis de « Washington » : la soumission ou la mort.
Chacun est prié de rentrer dans le rang.
Derrière, on va fragiliser encore plus Cuba qui pouvait compter sur la solidarité financière et politique du Venezuela.
Quand on pointe les dérives réelles du régime Maduro et de la situation économique du Venezuela, il ne faut pas oublier la guerre économique menée par les Etats-Unis et leur tentative de déstabilisation continuelle d’un régime hostile et surtout la situation dans laquelle Chavez arrive au pouvoir, en 1998, succédant à un régime oligarchique sous tutelle états-unienne.
Les effets de l’abaissement des prix du pétrole, bonnes pour la vente de gaz de schiste américain, se sont aussi fait sentir sur l’économie vénézuélienne, en même temps que le blocus des États-Unis.
Quand Chavez est arrivé au pouvoir démocratiquement, l’Amérique latine crevait sous le poids de la dette et du « consensus de Washington », cette troïka composée du FMI, de la Banque Mondiale et du Trésor américain, forçait depuis dix ans les gouvernements à appliquer des mesures types directement inspirées de la pensée ultralibérale de l’école de Chicago.
Le résultat était que des pays potentiellement riches se retrouvaient peuplés d’une grande majorité de pauvres privés d’à peu près tout. Le Venezuela d’avant Chavez, que le onzième pays producteur de pétrole, avait près de la moitié de sa population sous le seuil de pauvreté, un taux d’analphabétisme et de malnutrition très fort? Avec le chavisme, le taux de pauvreté a diminué de 42,8 % à 26,5 % entre 1998 et 2011.
L’expérience de politique socialiste et progressiste de Chavez s’est exportée en Bolivie, en Équateur, en Argentine, au Nicaragua. C’est sans doute ce que les États-Unis ne lui ont jamais pardonné.
Les États-Unis ont bien contribué à déstabiliser le pays pour que la droite puisse reprendre les rènes. En soutenant des personnalités politiques comme la récente prix Nobel de la Paix, Maria Corina Machado, soutien de Trump, de Bolsonaro, de Mileï, de Netanyahou, et du parti d’extrême-droite Vox en Espagne, favorable à une intervention militaire des États-Unis au Venezuela.
Même s’il n’a pas donné le prix nobel de la paix à Trump comme réclamé, cela aurait été un scénario digne de « 1984 » de Georges Orwell, le jury du Nobel de la Paix a honteusement abdiqué devant la pression de Trump et de son administration.
Nos analyses seront sans doute différentes sur la politique de Maduro, les raisons et responsabilités de la crise au Venezuela, et aucune de nos organisations ne cherche à justifier le tout de la politique de Maduro, mais nous condamnons tous l’offensive impérialiste des États-Unis comme une attaque de plus contre la Paix, contenant les germes d’une nouvelle phase extrêmement brutales des relations internationales.
Rien ne peut justifier le recours à la force armée, aux enlèvements politiques et à la loi du plus fort pour pour tenter d’imposer des choix contraires à la souveraineté d’un peuple.
Ce qui se joue aujourd’hui révèle le visage nu de l’impérialisme contemporain.
Bombardements criminels, sanctions économiques qui frappent d’abord les populations, chantage permanent et désormais enlèvement d’un chef d’État, le néocolonialisme américain déploie l’ensemble de son arsenal.
Les États-Unis n’en sont pas à un coup d’essai. Rappelons la doctrine Monroe du « pré carré » impérial et les invasions américaines en Haïti, à Panama ou à Grenade au siècle dernier, ou encore l’agression contre la démocratie chilienne et le gouvernement de gauche d’Allende par le coup d’état de Pinochet le 11 septembre 1973 avec l’organisation des États-Unis et de la CIA.
Depuis 1989, les États-Unis (liste non exhaustive) : ont envahi le Panama et enlevé son président Noriega 1991 : ont été les maîtres d’œuvre de la guerre en Irak. Le pays a ensuite été soumis a embargo qui a fait sans doute près d’un million de victimes et à des bombardements réguliers 1994: sont intervenus Haïti 2001 : ont envahi l’Afghanistan 2003 : ont envahi l’Irak 2011 : ont bombardé la Libye (et déstabilisé toute l’Afrique de l’Ouest) 2020 : ont été derrière un débarquement de mercenaires au Venezuela
Il faut donc rappeler qu’à travers cette attaque militaire, les États-Unis poursuivent une tradition d’intervention militaire agressive sur des théâtres étrangers sans mandat de l’ONU. Ses prédécesseurs s’étaient employés avant lui à le démanteler – coup d’États militaires orchestrés par la CIA, invasion de l’Irak, soutien actif à la guerre génocidaire d’Israël à Gaza.
Mais un cap est franchi avec l’opération « Absolute Resolve », un raid militaire mal déguisé en opération de police, préparé par le déploiement de l’armada états-unienne dans la Caraïbe et lancé sans même un mandat du Congrès : le terrorisme d’État est assumé, les objectifs de prédation revendiqués.
L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, pétrolifères et minérales.
Derrière le Venezuela, ce sont l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Canada, l’Irak, qui ont les plus grosses réserves de pétrole, la moitié du total mondial, ça donne le sous-texte de la politique américaine aujourd’hui. Le Venezuela pays de 28 millions d’habitants détient les premières réserves mondiales prouvées de pétrole brut, 302,25 milliards de barils, soit un cinquième des réserves et les quatrièmes réserves en gaz naturel.
L’agression de Trump avec ses commandos Delta qui ont kidnappé le président vénézuélien et son épouse en assassinant son entourage à Caracas, 32 cubains de la garde rapprochée de Maduro notamment, est dont un séisme dont les répliques peuvent refaçonner le monde pour le pire.
Donald Trump achève de démolir le fragile édifice de légalité internationale bâti après 1945.
A la suite de son intervention il parle de faire tomber le président de gauche Petro en Colombie, le régime castriste à Cuba, de transformer le Canada en 51e état des États-Unis ou d’annexer le Groenland et Panama pour barrer la route à la Chine.
L’Europe qui s’est aplatie devant les États-Unis est aujourd’hui bien embêtée avec le désengagement financier et militaire des États-Unis de la protection européenne, et la menace d’annexion pure et simple du Groenland pour faire main basse sur le contrôle des routes maritimes, bloquer la circulation des bateaux russes, et s’emparer des richesses naturelles du sous-sol avec la fonte des glaces, notamment les métaux rares.
Quels arguments opposeront les États-Unis et ceux qui justifient leur politique, ou les nations démocratiques qui n’osent pas protester, à une annexion possible par la Russie de l’Ukraine, de la Moldavie, de la Géorgie, de Pays Baltes, ou de Taïwan par la Chine ?
Nous voulons réaffirmer notre engagement pour la paix, le respect du droit international et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Nous dénonçons l’immixtion des États-Unis en Argentine, au Chili, au Brésil, en Colombie, au Mexique, demain, dans les élections ou ses ingérences armées pour soutenir des régimes de droite ou d’extrême-droite favorables à ses intérêts.
Nous appelons à une mobilisation large, unitaire et démocratique, et participerons à toute initiative de protestation avec l’ensemble des forces citoyennes, pacifistes et progressistes qui refuseront cette escalade guerrière.
Face à cette agression la voix de la France n’a jamais été aussi faible; comme face au génocide à Gaza, la France s’est trouvée presque complètement soumise à la politique américaine. Elle doit retrouver sa voix non alignée.
La déclaration d’Emmanuel Macron face à l’agression par Trump du Venezuela est d’une exceptionnelle gravité. En se félicitant de la chute d’un président à la suite d’une intervention militaire étrangère, en s’arrogeant le droit de parler pour le peuple vénézuélien et en prétendant designer lui-même le dirigeant légitime du Venezuela, le président de la République française légitime l’agression américaine et foule aux pieds les principes les plus élémentaires du droit international.
Quoiqu’on pense de la crise politique, économique et sociale au Venezuela et de ses causes, une intervention militaire à l’intérieur d’un État sans mandat international constitue une grave violation du droit international et du principe de souveraineté des États.
L’histoire montre que les changements de régime imposés par la force ne conduisent ni à la paix ni à la démocratie, mais au chaos et à l’instabilité durable. Ce précédent ouvre la voie à un retour dangereux à la loi du plus fort et aux sphères d’influence impériales, au mépris du droit international.
« Aussi détestables soient les gouvernements renversés, les précédents montrent que les changements de régime par une force militaire étrangère de grandes puissances ne mènent ni à la démocratie, ni à la paix, mais au chaos, à la guerre civile et à la dictature. Qu’on se réfère à la situation de l’Irak ou de la Libye. » C’est Dominique de Villepin qui disait ça dans sa réaction à l’agression américaine.
S’aplatir devant le coup de force de Trump et se rejouir de voir tomber Maduro et son régime (ce n’est pas fait encore pour ce dernier), ça ne peut être la réaction de la France !
« Il y a des hommes qui se font petits pour être vus par les puissants. » écrivait Honoré de Balzac
Il faut rappeler les faits, avec gravité et précision.
Le président d’extrême droite américain Trump a annoncé, sans mandat international, sans décision des Nations unies, après l’enlèvement d’un chef d’État, que les États-Unis allaient diriger le Venezuela Ni plus. Ni moins.
Une déclaration de tutelle assumée, une négation frontale du droit international, une ligne impérialiste.
Face à une telle rupture, une seule attitude était possible pour la France : la condamnation claire, ferme, immédiate.
Non par posture, mais par fidélité à notre diplomatie : l’indépendance des nations, la souveraineté des peuples, le refus de la loi du plus fort, le droit sacré d’un peuple à disposer de lui-même.
Or c’est l’inverse qui s’est produit.
En s’alignant sur la position de Donald Trump, Emmanuel Macron a validé, par son silence d’abord puis par son positionnement, une logique de domination qui aurait dû être combattue.
Cette faute constitue une tache indélébile dans l’histoire diplomatique française.
La déclaration d’Emmanuel Macron, qui se félicite de l’enlèvement du Président Vénézuélien, est indigne d’un Président de la République française. Le gouvernement de Donald Trump a violé toutes les règles du droit international et la souveraineté d’un pays reconnu par la communauté internationale. La France ne peut pas soutenir une telle entreprise.
Monsieur Macron s’est totalement aligné sur Donald Trump, qui s’est d’ailleurs empressé de relayer le communiqué du Président français.
Après cette agression et ce kidnapping, où s’arrêteront les États-Unis, si la communauté internationale ne fait pas bloc ? Ils menacent déjà d’envahir le Groenland et tout État qui s’opposerait à la puissance de l’Amérique.
En prenant cette position, Monsieur Macron insulte notre pays, sa mémoire, et sa volonté de respecter le droit international dans les interventions militaires.
Des dirigeants du monde, Monsieur Macron, est celui qui fait l’allégeance la plus totale à Donald Trump. Il se retrouve en charmante compagnie, avec Benjamin Netanyahu, Javier Milei, et Giorgia Meloni, tous d’extrême-droite.
Le respect du droit international et la souveraineté des peuples ne peuvent être niés pour des intérêts capitalistes. Face à cette situation, nous réaffirmons notre attachement à la souveraineté des États, au règlement pacifique des conflits et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La France et l’Europe doivent porter une parole claire et agir pour que le droit prime sur la force.
En recourant à la force sur le territoire d’un État souverain, ce sont les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies et de la sécurité collective qui sont mis en cause.


