Au-delà des fausses et creuses promesses : l’horizon illibéral du Rassemblement National.
Ces dernières semaines, les mobilisations des lycéen·nes ont à nouveau fait résonner, avec toute la force collective d’une jeunesse en quête de progressisme, le célèbre refrain de la chanson intitulée « Porcherie » des Béruriers Noirs. Seulement voilà, l’écho du passage qui dit « Plus jamais de 20% » se heurte brutalement aux scores actuels d’un parti qui n’a cessé, depuis les années 1980, d’épaissir son électorat. On a beaucoup entendu parler des pseudo transformations du RN, depuis les débuts de l’ère « Marine Le Pen » qui aurait contribué à lisser l’image du parti. A l’aube des élections présidentielles de 2027, sur lesquelles plane le récit fatal de son élection, une mise au point demeure essentielle : « pour mieux la combattre, dans toutes ses dimensions, il est impératif de qualifier cette extrême droite. Elle est nationaliste et populiste, raciste, antisémite et xénophobe, autoritaire, sécuritaire et guerrière, sexiste et homophobe, néoconservatrice sur le plan des valeurs, néolibérale sur le plan économique et écologique » (A. Hayot, membre du CN du PCF).
Au cours du dernier mandat d’Emmanuel Macron, les choix exprimés par les députés RN de l’Assemblée nationale sont sans équivoque. Alliés du patronat, ils ont voté contre le rétablissement de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) et contre l’augmentation du salaire minimum à 1500 euros (net mensuel). Ce sont aussi eux qui ont voté contre la régulation de l’installation des médecins dans les zones bien pourvues en soignants alors qu’ils affirment vouloir faire de la « qualité des soins le pivot de (leur) politique de santé » (M. Le Pen, 2022). Ce sont aussi les premiers à affirmer leur volonté de lutter contre la fraude aux prestations sociales tandis que l’argent public est massivement dérobé par les grandes entreprises, maîtres de la fraude fiscale. Rappelons à ce titre que le RN a lui-même été condamné pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires pour un montant qui atteint 2,9 millions d’euros. Le RN ne défend pas l’intérêt du peuple : il vote contre les services publics (privatisation de la RATP, suppression de la redevance audiovisuelle qui finance l’audiovisuel public), contre les politiques d’égalité d’accès aux soins, contre la transition écologique. A ce sujet, rappelons que les députés RN ont voté contre l’interdiction du glyphosate et la réduction des pesticides, pour la loi Duplomb, pour la suppression de la proposition de loi interdisant les vols en jets privés. En 2024, face à la crise agricole, alors que le RN brandissait la solution d’une politique agricole française, il a dans le même temps voté en faveur d’une politique agricole commune qui profite aux gros exploitants.
Enfin, en matière d’égalité hommes-femmes et de droits humains, le RN est le seul à avoir voté contre la loi renforçant l’accès des femmes aux responsabilités dans la fonction publique, c’est aussi le parti qui a voté contre l’interdiction des thérapies de conversion au parlement européen et contre la reconnaissance de l’esclavage comme crime de l’humanité il y a 25 ans.
Nous pourrions continuer à énumérer les contradictions flagrantes entre les stratégies d’annonce politique du RN et les faits qui lui sont attribués dans son histoire, dans son idéologie, dans ses actes. Le constat est clair : le RN fait de l’accroissement des inégalités et de la crise du capitalisme dans son ensemble, le moteur de son projet politique mortifère.
« Nous serons toujours contre le front national (…), alors, à toutes les manifestations nazies, soyez-là, soyez présents et empêchez-les »


