
Halte à la criminalisation de l’action syndicale: toute notre solidarité avec Ludovic Morin et la défense des allocataires du RSA du Finistère par la CGT
La fédération du Finistère du PCF apporte son soutien à Ludovic Morin et l’union départementale CGT du Finistère et dénonce la procédure judiciaire « bâillon » engagée à travers une plainte en diffamation du président de Département Maël de Calan contre le secrétaire de l’UD CGT du Finistère par rapport à sa défense de la plainte des allocataires du RSA pour des radiations et des contrôles abusifs.
Vouloir mettre en examen un secrétaire départemental de la CGT est un signal extrêmement grave. Nous apportons notre soutien total à Ludovic Morin et tous les syndicalistes attaqués en justice abusivement, nous défendrons sans relâche les libertés syndicales et la liberté d’expression.
Depuis 2023, plus de 1.000 militants syndicaux ont été poursuivis ou sanctionnés pour leurs engagements en France.
La judiciarisation du débat social menace le pluralisme et le droit de défendre l’intérêt général.
Les communistes seront aux cotés des syndicalistes, avec la section de Brest et les militants de la fédération PCF du Finistère, le 15 juin à partir de 12H, devant le tribunal de Brest pour soutenir le combat des syndicalistes pour dire stop à la traque des précaires
Sur le fond de l’affaire, l’examen des données fournies par le Département interpelle.
En 5 ans, 4500 personnes sont sorties du dispositif, 12% d’entre elles, soit 540 personnes l’ont été à la suite de contrôles.
Parmi ces personnes, certaines témoignent de collecte intrusive de données personnelles, traitement humiliant et cynisme.
Au delà des déclarations sur le retour à l’emploi, le respect des règles, se pose la question du positionnement politique du Département, de ses conceptions à l’égard des allocataires.
Nous nous élevons contre ces manières de faire, qui relèvent selon nous d’une forme de brutalité sociale. En tout cas c’est vécu comme ça par les allocataires.
Au niveau national la Défenseuse des Droits ne s’y est pas trompée lorsqu’elle a appelé dans son dernier rapport « au respect des droits fondamentaux des bénéficiaires de prestations »
Un nombre important de nos concitoyens ne font pas valoir leurs droits pour diverses raisons (fracture numérique, isolement, inégalités sociales…) le PCF demande que l’énergie de la politique sociale du département soit d’abord déployée en faveur de ces personnes.
La part du budget dédiée à l’insertion baisse, le nombre d’allocataires recule plus vite que dans le reste du pays, et ce recul doit plus aux radiations qu’aux sorties vers l’emploi durable. Aucun examen objectif n’est fait d’ailleurs sur le devenir des allocataires du RSA après leur fin de droit.
La perte des droits aux allocations du RSA permet aussi au département de se défausser de ses responsabilités d’accompagnement sur les CCAS, ou des associations solidaires comme les Restos du coeur, le secours populaire ou le secours catholique.
Il nous semble que le département réalise des économies sur le RSA au détriment de la santé psychique et physique des allocataires, au détriment des communes qui viennent pallier ses désengagements. Et que dire de la précarisation accrue liée aux pertes de droit, de la violence psychologique et symbolique que peuvent constituer des contrôles tatillons, des demandes de documents et pièces justificatives difficiles à fournir pour des gens qui sont déjà souvent en situation humainement et socialement délicate.
Cette politique assumée transforme les allocataires du RSA en suspects.
La fédération PCF du Finistère.
Parti Communiste Français du Finistère


