Morlaix 27 Avril, Manif à l’appel de l’intersyndicale CGT, CFDT, SUD – Agents et usagers, tous unis pour la sauvegarde de notre hôpital!

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Quel avenir pour le centre hospitalier de Morlaix? – Manif à l’appel de l’intersyndicale CGT, CFDT, SUD le 27 avril à Morlaix – Agents et usagers, tous unis pour la sauvegarde de notre hôpital!

Samedi 27 Avril
Départ 10h manufacture de Morlaix
Agents et usagers unis pour la sauvegarde de l’hôpital et le maintien de l’offre de soins sur le bassin morlaisien.

2 avril 2019
Morlaix. Conseil de surveillance de l’hôpital: une séance qui cristallise les tensions (Le Télégramme, 2 avril 2019)

Le Conseil de surveillance de l’hôpital de Morlaix a été ajourné après l’intervention de l’intersyndicale et du comité d’usagers. (Le Télégramme/Sophie Guillerm)

Ils sont inquiets et l’ont fait savoir. Comité d’usager, personnel des urgences et syndicats ont investi, hier, le conseil de surveillance de l’hôpital et ont provoqué son ajournement.
Les usagers ont d’abord déploré « le refus de leur accorder un espace au sein de l’hôpital pour être au plus près des familles, et le refus de leur permettre de siéger à titre consultatif au conseil de surveillance ». Rappelant « la fermeture de la cardiologie, les risques sur la psychiatrie », ils se désolent que « La direction vide le CHPM de sa substance alors qu’il y a du matériel de pointe et des soignants performants ». D’une même voix, les syndicats ont ensuite dénoncé « un projet médical qui se plie à un projet architectural concernant l’avenir de la psychiatrie », alors même que le territoire est étendu à 106 communes.

« On n’a plus les moyens d’être humains »

Ils ont pointé « leur incompréhension des réductions de services, de perte de compétitivité et de compétences », et des « agents qui n’ont plus les moyens d’être humains avec les humains ». À cela s’ajoutent du côté des agents « un manque d’informations, ainsi qu’une pseudo-concertation qui ne fait que cristalliser les tensions », ajoutent-ils, réclamant de la « bientraitance ».

Alors que la directrice Ariane Benard est restée silencieuse tout le temps des échanges, Agnès Le Brun a pointé du doigt une « communication systématiquement négative. Chaque fois, c’est un potentiel praticien qui risque de ne pas venir ». Elle a demandé aux syndicats « de ne pas se tromper de combat », et a appelé à l‘apaisement. Les syndicats se sont défendus « de faire dans la caricature : on n’a plus que ça, la médiatisation, car il n’y a plus de dialogue social au sein de l’hôpital », citant « quatre demandes d’entrevue » avec Agnès Le Brun qui seraient restées sans suite, là où « d’autres élus inquiets les ont reçus ». À l’issue des échanges, Jean-Paul Vermot, a demandé avec Solange Creignou et Nicolas Floch, « une médiation pour trouver la voie du dialogue, sortir de la situation de blocage et affronter les enjeux du CHPM collectivement et sereinement ».

Comité de défense de l’hôpital public en Pays de Morlaix, 2 avril 2019

Aux membres du comité de surveillance de l’hôpital de Morlaix

Créé en mai 2016, le comité de défense est adhérent à la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux publics et maternités de proximité. Celle-ci est une association d’usagers du système de santé agréée par le ministère de la santé.

Lors des quelques entretiens avec la directrice, Mme Bénard, nous lui avons demandé à plusieurs reprises de disposer d’un espace au sein du CHPM pour être au plus près des usagers et de leurs familles.

Si dans un premier temps, Mme Bénard avait donné son accord de principe, elle est revenue par la suite sur sa décision, au motif que le comité avait, selon elle, « des liens forts avec certaines organisations syndicales et partis politiques » et que « tenir une permanence publique nuirait au principe de neutralité du service public » (sic)

En notre qualité de membre d’une association agréée par le ministère de tutelle, nous avons souhaité, également, la présence de deux membres du bureau au conseil de surveillance, même à titre purement consultatif. Sa réponse a été également négative, au motif que deux membres de la commission des usagers étaient déjà présents au conseil de surveillance.

Nous réitérons aujourd’hui, d’une part notre demande de disposer, au moins ponctuellement, d’un espace au sein de l’établissement, comme c’est le cas d’autres associations, d’autre part de disposer d’une présence au conseil de surveillance de l’hôpital.

S’agissant de la situation de l’hôpital de Morlaix, celle-ci nous apparaît, à l’heure actuelle, très préoccupante.

Le service de cardiologie et les soins intensifs de ce même service ont été fermés, le 1er mai 2018.

Cette décision de fermeture a été prise sous prétexte que les patients n’étaient plus en sécurité en raison d’un manque de personnel médical. Certes, le manque de praticiens était devenu, hélas, patent, mais en réalité ce sont des conflits de personnes, avec la direction, qui ont été en partie la cause de cette fuite du personnel.

Cette fermeture a des conséquences dramatiques au sein du service des Urgences qui prennent en charge les usagers présentant des pathologies cardiaques.

Certains de ces patients sont transférés par le SMUR vers Brest à La Cavale Blanche (ou à la clinique de Keraudren sans qu’on leur ait précisé préalablement qu’ils étaient susceptibles d’être pris en charge dans le privé).

Ces transferts impactent la disponibilité sur place à Morlaix du personnel médical et paramédical du service des urgences, le temps du transport, puisqu’il faut compter environ 3 heures pour un transport aller et retour vers Brest.

La population et les usagers sont très inquiets, et le comité de défense a recueilli, durant l’été dernier, près de 12 000 signatures sur le terrain auprès de la population sur ce sujet. Cependant la situation n’est toujours pas réglée.

Plus généralement, plusieurs services sont régulièrement restructurés, et à chaque fois, nous constatons des fermetures de lits et des suppressions de postes.

Le service SSR2 a été fermé toute la période estivale (24 lits). Il a rouvert le 5 novembre, mais avec seulement de 10 à 12 lits, en raison de manque de personnel médical (congé de maternité non anticipé par la direction) et une fuite du personnel para-médical vers d’autres structures.

L’hôpital psychiatrique a été frappé de plein fouet, avec la fermeture complète d’un service en l’espace de 6 mois (Ty Dour). Aujourd’hui le service de l’UPEC va également être fermé.

En fin d’année 2018, lors d’une entrevue avec Mme la directrice, nous avions évoqué la question de la psychiatrie de Morlaix, car nous nous avions de réelles craintes pour ce service. Mme Bénard avait tenté de dissiper nos craintes et nous avait donné rendez-vous en début d’année, où l’on y verrait plus clair.

Contrairement à ses propos rassurants, nous apprenons aujourd’hui qu’une importante restructuration est envisagée, qui consisterait à déplacer le service de l’UPEC vers l’ancienne unité de soins de cardiologie sur des lits de l’UHCD.

Les 10 lits de l’UHCD seraient ramenés à 5, les autres étant des lits de psychiatrie.

Ce projet est inacceptable en lui-même, mais de plus la situation créée risque aussi de compromettre les conditions optimales nécessaires pour la réouverture de la cardiologie que la population attend.

Des restructurations sont donc en cours et d’autres encore seraient en projet dans les mois prochains.

Peu à peu, la direction vide ainsi le CHPM de sa substance. Si ce cap politique est maintenu par la direction, l’hôpital de Morlaix risque de répondre de moins en moins aux besoins de la population, et de ne plus constituer l’établissement de santé de plein d’exercice sur un territoire qui en a pourtant, et plus jamais, besoin.

Pourtant ce centre hospitalier a du potentiel avec du matériel de pointe et du personnel performant.

Nous ne pouvons pas nous résoudre à cette situation.

Il faut avoir la volonté de préserver et d’améliorer cet outil de santé essentiel, car il a toute sa place et sa nécessité sur un territoire de 106 communes et de 140 000 habitants.

La santé n’est pas une marchandise !

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