Notre camarade Jean-Luc Olivier, ancien médecin et professeur de faculté de médecine, donnera la prochaine conférence des jeudis rouge du PCF pays de Quimperlé sur le médicament et l’industrie pharmaceutique.
Fille de déporté, cachée à sa naissance sous l’Occupation, la Locquénolésienne (Finistère) Lucienne Nayet, présidente du Réseau national des musées de la Résistance, est intervenue jeudi 8 janvier 2026 au lycée de Kerneuzec, à Quimperlé (Finistère). Le récit d’une enfance brisée et d’un appel aux jeunes à ne pas subir et à être vigilants pour éviter que l’histoire ne se répète.
« Ne baissez jamais la tête. Soyez vigilants et faites attention à ce qui se passe autour de vous. Surtout réagissez et n’acceptez pas l’inacceptable, parce que l’insoutenable est peut- être devant vous. » Ces quelques mots ont empli jeudi 8 janvier 2026 l’amphithéâtre du lycée de Kerneuzec à Quimperlé (Finistère) à l’issue d’une poignante leçon de résilience et d’humanité, dispensée aux cinq classes de terminale. Déclarée morte-née le 4 août 1941
Le récit de sa vie est d’abord celui d’une enfance brisée. Ses parents, juifs polonais, émigrent en France en 1930 pour fuir la montée de l’antisémitisme. Ils s’imaginent à l’abri au Pays des Lumières. Ils ouvrent une boutique de tailleur à Paris. La grande sœur de Lucienne naît en 1933. Arrive la guerre. Le 15 mai 1941, son père reçoit un billet vert de la police française. Convoqué comme 4 600 autres juifs étrangers pour une vérification de papiers, il s’y rend sans crainte, laissant sa femme, enceinte de Lucienne. C’est pour lui le début de l’enfer. Il ne reviendra pas, d’abord interné puis déporté en 1942 à Auschwitz.
Lucienne naît le 4 août 1941, à l’hôpital Rothschild. Comme beaucoup d’enfants juifs, elle est déclarée morte-née par le personnel médical, qui ainsi la protège en la faisant disparaître des radars. Ce qui scelle de facto un destin d’apatride, et une vie dans l’illégalité avec des faux papiers. On la cache à la morgue, avant le départ pour Pouzauges en Vendée, où son aînée est déjà accueillie dans une famille de fermiers. Impossible pour la mère et le nourrisson d’y trouver refuge.
Elles atterrissent dans un logement de 20 m², proposé par le curé du village. On y est resté quatre ans, avec interdiction de sortir. Il ne fallait pas faire de bruit, ni pleurer, ni parler, ni courir, ni jouer. Des gens nous apportaient à manger. Ils étaient des héros de l’ombre, parmi tant d’autres. Lucienne leur rend hommage. Il faut savoir résister. La France était aussi un pays courageux, à côté de ceux qui vous dénonçaient pour un morceau de pain.
Une inlassable passeuse de mémoire À la Libération, le retour à Paris. La clé n’ouvre plus la porte de l’appartement familial dans le XI e arrondissement. L’association le Croissant rouge leur trouve un logement dans le XX e. Trop petit pour elles trois. La priorité était que ma sœur aille à l’école. J’ai été placée dans une famille d’accueil. Des gens merveilleux , raconte Lucienne. Les déportés qui étaient rapatriés arrivaient à l’hôtel Lutetia. L’un d’entre eux a reconnu mon père sur une photo et a dit qu’il était mort. L’homme deviendra par la suite son beau-père. En résumé : l’histoire d’une jeunesse fracassée et d’un profond mal être persistant. Officiellement ni née, ni déclarée, son admission à l’école n’avait tenu qu’à l’obtention de faux papiers. J’étais infernale, très turbulente. Elle voulait savoir, posait beaucoup de questions et se heurtait au silence. Ma mère ne voulait sans doute pas partager mes souffrances. Elle n’avait qu’un seul désir que je travaille bien à l’école. Le déclic intervient à sa mort en 1988. J’ai commencé mes recherches. Jusqu’à reconstituer peu à peu le fil de son enfance, en se rendant à Pouzauges, puis en consultant les archives nationales. Recueillir des témoignages sur l’occupation n’a pas été simple. Les gens ne parlaient pas beaucoup de cette période. Il a fallu qu’en 1995, Chirac reconnaisse la responsabilité de la France pour que les bouches s’ouvrent. Présidente du réseau national des musées de la résistance, Lucienne Nayet se voit aujourd’hui en passeuse de mémoire. Elle multiplie les interventions auprès des scolaires et est ainsi intervenue jeudi à Kerneuzec, à la demande de deux professeures, Lisa Dubeau et Céline Guillemin. À l’arrivée, deux heures d’échanges, beaucoup de questions et une charge émotionnelle parfois difficilement contenue. Mais elle l’assure : Je ne suis pas là pour faire pleurer. Je ne suis pas animée par la haine ni par la vengeance. J’essaie toujours de comprendre le pourquoi des choses. L’histoire ne se répète pas, mais elle bégaie sacrément.
Conférence-débat avec la sociologue et écrivaine Anne Guillou autour de la colonisation et de la guerre d’Algérie et de son dernier livre autobiographique « Une embuscade dans les Aurès »
Mardi 11 décembre 18h00
Réunion publique – ouverte à toute personne intéressée, au local du PCF, 2 petite rue de Callac , Morlaix
Anne Guillou a aussi écrit plusieurs romans: « Noce maudite » (sur une condamnation à mort d’une criminelle de la région morlaisienne au XIXe siècle), « Dommage de guerre » (sur un viol commis par un soldat noir américain dans la région morlaisienne à la Libération), « Terre de promesses », « Fétiche ». Ce fut aussi une grande artisane de l’éducation populaire sur le pays de Morlaix.
Quimperlé
Bernard Vasseur, Professeur de Philosophie
Avec Marx penser et agir aujourd’hui / 2eme partie
JEUDI 13 décembre 18H30 Espace Benoîte Groult 3 avenue du Coat Kaër à Quimperlé salle Isole
Avec Marx penser et agir aujourd’hui / 1ère partie
Bernard Vasseur, Professeur de Philosophie
JEUDI 29 NOVEMBRE 18H30 Espace Benoîte Groult 3 avenue du Coat Kaër à Quimperlé salle Isole
Après avoir longtemps enseigné la philosophie, Bernard Vasseur est aujourd’hui directeur du Centre de recherche et de création Elsa Triolet-Aragon à Saint-Arnoult-en-Yveline.
Déroulement :
18h30 Présentation et développement du thème proposé
20h00 Échanges entre participants et Bernard Vasseur
21h00Repas partagé: chacun apporte de quoi se restaurer et de quoi boire
Cette soirée est organisée par le réseau d’initiatives « partage des savoirs » du PCF en Bretagne sud.