Conseil départemental du PCF Finistère à la MPT de Quimerc’h sur la commune de Pont-de-Buis les Quimerc’h hier soir, mercredi 21 octobre, consacré en grande partie au mouvement social, à notre engagement au côté des lycéens, étudiants, travailleurs, syndicalistes, citoyens en lutte depuis un mois et à la préparation de la grande journée d’action du 5 novembre, et le retour des piquets de grève dans les lycées, les facs le 2 novembre. Nous étions 28 hier soir et nous avons eu un bon débat appuyé sur des retours d’expérience de nos manifestations et soutien au mouvement de la jeunesse sur Quimper, Pont l’Abbé, Morlaix, Brest. Nous arrivons aujourd’hui au bout de 10 ans de mesures antisociales, de casse des services publics, d’attaques permanentes contre les catégories populaires et la jeunesse avec une doctrine de maintien de l’ordre qui ne vise qu’à amplifier les colères et les violences.Le gouvernement prétend rétablir l’ordre, mais il fait tout l’inverse. Il est le principal artisan du chaos. En refusant la démission de Laurent Nuñez, Macron a choisi de maintenir cette doctrine et de couvrir ceux qui l’appliquent. C’est l’impunité totale. On recense plus d’une dizaine de milliers de gardes à vue dont plus de 80% concernent des mineurs, un record absolu pour un mois de mobilisation sociale! Et combien de jeunes mutilés, blessés par un usage disproportionné de la force et une volonté de nourrir l’affrontement de la part de l’État.Doit-on rappeler la gestion des gilets jaunes, des mobilisations contre la réforme des retraites ? Des mobilisations légitimes, comme celles des lycéens actuellement, balayées d’un revers de mains et avec une violence extrême par les gouvernements successifs.A aucun moment, depuis son élection en 2017, Emmanuel Macron et ses ministres n’ont écouté la colère populaire qui s’est pourtant exprimée à de nombreuses reprises pacifiquement. Les millions de manifestants qui ont déferlé mobilisation après mobilisation lors de la réforme des retraites en 2023 ont encore le souvenir d’un gouvernement complètement sourd face au rejet massif de sa réforme, un gouvernement au service de quelques-uns.Aujourd’hui ce sont les lycéennes et les lycéens, les étudiants, les syndicalistes qui se mobilisent depuis plus d’un mois avec des revendications plus que légitimes, tout le monde le reconnaît, mais une fois de plus que fait le gouvernement ? Absolument rien. Les revendications des jeunes ne datent pas d’hier, la réforme du Bac Blanquer ou Parcoursup sont critiquées par les jeunes et les enseignants depuis le début. Ces dispositifs ont dégradé les conditions de l’enseignement public, l’accès des jeunes aux études et l’ont rendu plus inégalitaire. Et ils ont favorisé considérablement l’enseignement privé lucratif dans le supérieur.Le PCF, par la voix de Fabien Roussel, vient de présenter un plan de rénovation des collèges et lycées, avec le recrutement de 90 000 enseignants, une réduction du nombre d’élèves par classe, le remplacement des professeurs absents, le retour à 32 heures de cours, le rétablissement du bac pro en quatre ans, une suppression de Parcoursup et de Mon Master : des moyens à la hauteur pour faire de la jeunesse une priorité nationale.La colère lycéenne n’est pas née d’un caprice. Elle est née de l’humiliation de voir son avenir privatisé, son diplôme dévalué, son orientation réduite à un algorithme froid ; des effectifs de personnel manquants ; d’être traité en suspect dès qu’on sort de sa classe pour défendre l’école publique, le droit à l’avenir, la justice sociale ou le climat. Elle est liée à l’injustice de la précarité, à l’angoisse d’un avenir livré à la crise sociale et économique, au dérèglement climatique, à la menace de la guerre.Et que dire des mobilisations pour le pouvoir d’achat ? L’essence est entre 2,20€ et 2,5€ le litre, les prix des produits alimentaires explosent et l’inflation avec, les salaires stagnent, le chômage repart à la hausse et près de 10 millions de personnes sont sous le seuil de pauvreté.Alors même que Total Energies a réalisé 10 milliards d’€ de bénéfices sur les 6 premiers mois de l’année. 10 milliards sur notre dos. Alors même que le gouvernement a fait voter 6,4 milliards d’€ de crédits supplémentaires pour l’armée. La guerre et les profits pour le capital, voilà où ils nous emmènent.Bien niché dans sa tour d’ivoire élyséenne, Macron et sa clique n’en ont rien à faire et jouent une fois de plus le pourrissement. Pour eux, il n’est surtout pas temps de mettre la main sur les 61 milliards d’euros de dividende versés par les grands groupes français à leurs actionnaires sur avril-mai-juin. 61 milliards en 3 mois ! C’est 330€/mois par concitoyens. 330€ chaque mois qui devraient aller dans nos salaires ou nos pensions.Nous savons ce que nous avons à faire : continuer à organiser la lutte et élargir le mouvement. Notre mobilisation doit monter d’un cran pour faire céder le gouvernement. Ce cran, ce n’est pas la violence de rue, mais l’entrée massive dans le mouvement du plus grand nombre possible de travailleurs et de travailleuses, par la grève. D’où l’importance cruciale de la journée du 5 novembre. Ce mouvement social est porteur d’espoir, de construction politique, mais c’est aussi une lutte décisive avec le bloc réactionnaire de droite et d’extrême-droite qui veut continuer à enterrer les services publics, notre modèle social, la Sécurité sociale, et imposer un ordre sécuritaire pour protéger les inégalités, les profits et privilèges d’une minorité, en détournant les colères vers des boucs-émissaires: le jeune de banlieue, le sans-emploi, l’allocataire du RSA, l’immigré. Photos Jean-Philippe Deunf. Avec le Parti Communiste Français du Finistère








