Tag: élus locaux

Grand entretien avec Patrick Gambache, premier adjoint de la ville de Morlaix

Patrick Gambache

Depuis combien de temps tu es engagé en politique ?

J’ai adhéré au parti communiste à 20 ans en 1978, à la fête de l’Humanité. C’est un élu de Meudon qui m’a fait adhérer. Au lycée de Sèvres, je militais déjà et j’ai vendu « Rouge ». J’habitais Meudon-la-Forêt, une commune créée en 1961 par Fernand Pouillon, le grand architecte de l’Algérie indépendante notamment pour y accueillir les rapatriés d’Algérie et les ouvriers des usines Renault. Il y avait une vraie mixité dans cette ville de 21 000 habitants au km2 .

A 20 ans, je suis entré a l’Éducation Nationale pour devenir instituteur, je me suis retrouvé quelques mois plus tard militant du Syndicat National des Instituteurs (SNI), puis responsable de la section de Sèvres.

Tes bons moments de militantisme en région parisienne ?

La période de militantisme de 1980 à 1987 était exaltante parce qu’elle mêlait le politique et l’éducatif. J’étais engagé dans les groupes de réflexion pédagogique et les mouvements d’éducation populaire. J’ai eu la chance de commencer à enseigner dans une école d’application qui recevait des jeunes instits en formation.

C’est une période où il y avait aussi un mélange entre la partie politique et syndicale, et une vraie fraternité. Nous étions un certain nombre d’enseignants engagés au conseil syndical et nous nous retrouvions régulièrement au bureau départemental du syndicat à Nanterre : j’en garde un très bon et grand souvenir !

Parle-nous de ton entrée dans le monde de l’édition ?

Je vais devenir instituteur spécialisé nommé en collège. A ce moment-là, on me propose de travailler sur la formation et la mise en œuvre des plans de développement de l’informatique auprès des enseignants. Le Centre Académique de Recherche et de Formation en Informatique travaillait plus particulièrement sur l’intégration de cette nouvelle technologie dans les disciplines. On m’a proposé de gérer des revues thématiques et disciplinaires sur ces questions. C’est à partir de cette première expérience éditoriale que j’ai rencontré le milieu de l’édition. Tout d’abord au CRDP (Centre de Recherche et de Développement Pédagogique) comme responsable éditorial, puis comme directeur régional adjoint. J’ai ensuite collaboré aux premiers partenariats éditoriaux entre le public et le privé, notamment sur les questions de l’enseignement en technologie, et sur l’enseignement adapté, puis au sein des éditions Delagrave spécialisées dans la technologie au collège mais aussi de l’enseignement technique. J’intègre le groupe Flammarion à qui appartient Delagrave en 2002. De 2002 à 2009, je suis nommé directeur éditorial puis directeur des éditions Delagrave, en 2009 je prends également la direction des éditions « J’ai lu » et la responsabilité du développement numérique du groupe Flammarion. Nous créons une plateforme de distribution de livres numériques « Eden Livres » en partenariat avec le groupe La Martinière et Gallimard.

Hervé de la Martinière, décédé aujourd’hui, me demande d’intégrer le groupe La Martinière comme responsable des éditions Points/Seuil, et du suivi du développement numérique. Je deviens secrétaire général du groupe en 2013. En 2015, je prends la direction générale des éditions La Martinière. En 2017, je quitte La Martinière et fonde une petite entreprise de conseil d’accompagnement d’auteurs et de projets numériques : à la fois agent, coach littéraire, dans une activité de conseil. J’ai continué à accompagner des créations d’activités numériques jusqu’en 2022.

Ton histoire avec la région de Morlaix ?

Avec Michèle, nous avons acheté une maison à retaper à La Feuillée en 1992. Nos amis André et Patricia Paulus, nos témoins de mariage – André était aussi mon collègue instituteur et mon camarade de section (nous collions des affiches du PCF avant d’aller bosser le matin) et de syndicalisme – y avaient déjà une maison. De 1993 jusqu’à la retraite de Michèle, nous y avons passé toutes nos vacances. Nos enfants y avaient leurs copains c’est notre maison de cœur.

Nous avons toujours pensé que notre retraite se passerait en Bretagne entre La Feuillée et Morlaix En 2018, nous décidons de nous installer définitivement à Morlaix dans un appartement juste derrière la mairie.

En 2019, on te demande de t’engager aux élections municipales avec le PCF pour rejoindre la liste de Morlaix Ensemble dirigée par Jean-Paul Vermot. Raconte-nous…

C’est une campagne compliquée, qui se fait en deux temps avec la crise sanitaire (covid) et le confinement au milieu, qui vient tout interrompre de mars à mai 2020. Très vite, je me suis senti à l’aise parmi ce groupe de candidats, les séances de travail était dynamiques et l’ambiance chaleureuse. Les rencontres publiques, la rédaction des documents, les permanences ont été des moments propices pour apprendre à se connaître et à travailler ensemble. Les camarades du Parti, très présents, ont aussi été des éléments moteurs et facilitateurs pour mon intégration à la vie morlaisienne. Merci encore à eux ! Annie, Valérie, Marie-Françoise, Ismaël, Frédéric, Jean-Luc bien sûr (c’est lui qui m’a téléphoné pour me proposer d’être sur la liste)… C’est là que j’ai découvert Jean-Paul Vermot que je ne connaissais que très peu, je l’avais juste rencontré lors d’une fête du Parti du 1er mai.

Nous avons été élus fin juin et fait notre premier conseil municipal début juillet. J’étais conseiller municipal délégué, élu en 25e position. Après notre élection Jean-Paul m’a demandé si j’acceptais de devenir responsable de majorité, ce que j’ai accepté avec grand plaisir. J’ai noué des relations de travail et de confiance avec l’ensemble de l’équipe. Je suis 1er adjoint depuis 2023 et ai les délégations : finances, ressources humaines et la police municipale. Par ailleurs, je suis vice-président de la régie de l’eau An Dour et en charge des travaux de rénovation du Musée.

Six ans de mandat, c’est long ?

Oui six ans de mandat, avec beaucoup de travail. C’est un engagement sur un temps long ou les difficultés n’ont pas manqué : covid, difficultés économiques, désengagement de l’État…

Mais c’est aussi des réussites, et le bilan du mandat de la liste est très positif : mobilité, centre de santé, Rues en scène, les jardins éphémères, la démocratie participative… les élus et les agents n’ont pas chômés durant ces six années.

Il faut s’occuper de beaucoup de sujets très différents et être présent en mairie : j’y passe au moins 3-4 jours par semaine. Mais au final ce sont aussi de vraies satisfactions et le travail en équipe avec les élus, les collaborateurs de la ville est un moteur très efficace.

De quoi tu es le plus satisfait dans ce mandat et l’exercice de tes fonctions ?

Le travail que j’ai pu faire de coordination des équipes et la confiance qui m’a été accordée par mes collègues de Morlaix Ensemble est une satisfaction énorme. Le travail avec les services de la ville, toujours très mobilisés, a été un grand plaisir. Tout le travail effectué a été fait en confiance et en grande proximité avec Jean-Paul Vermot.

Un travail fait d’organisation, de structuration des ressources humaines de la ville a permis de gagner en qualité relationnelle, de vie au travail, de compétences, de dialogue social. C’est sans doute le plus important. Nous avons travaillé à la titularisation des contrats précaires, cherché à développer la formation, la qualité de vie au travail en y associant les agents, les syndicats, les cadres de la mairie. Nous avons conforté les avancements de grade et les promotions malgré les manques de financement, travaillé à l’accompagnement des cadres et la formation au management.

J’ai essayé d’être disponible et à l’écoute de tous notamment pour les agents et être attentif à leurs demandes.

Un travail important sur le chantier du Musée a été réalisé et c’est une grande satisfaction : la restauration de la chapelle sera terminée à l’été et concomitamment un travail considérable dans le domaine archéologique a été réalisé par l’INRAP.

Les agents sont restés très mobilisés et proactifs pour faire vivre le musée pendant sa fermeture en organisant des visites de chantiers qui ont été un beau succès, par le travail sur la conservation des œuvres, la recherche et la communication.

Dans le domaine de la sécurité et de la tranquillité publique, je suis fier d’avoir pu accompagner le travail d’une équipe de police municipale renforcée, centrée sur la question de la police de proximité, la prévention, la pédagogie, qui cherche à développer une qualité relationnelle avec les Morlaisiens.

D’après toi, quelles sont les valeurs communistes que tu as pu porter dans l’exercice de ton mandat dans une majorité d’union de la gauche ?

Le travail autour de la démocratie participative, idée qui nous est chère, et que l’on souhaite développer pour prendre en compte la parole des citoyens. Mais aussi tout le travail réalisé sur la partie ressources humaines, en cherchant à développer toujours plus d’équité, avec un grand respect pour les agents communaux et leur travail. Enfin tout ce que l’équipe municipale a mis en place pour permettre de mieux vivre à Morlaix, l’accompagnement des personnes en difficulté : être des facilitateurs et de faire en sorte que les Morlaisiens se sentent mieux dans leur ville. Malgré les contraintes budgétaires, nous avons réussi à faire en sorte de maintenir les tarifs sociaux de cantine et garderie, du sport, les subventions aux associations, les budgets pour la culture…

Dans le domaine de la solidarité internationale, tu t’es aussi beaucoup investi sur la question de la coopération avec le peuple palestinien…

La municipalité, puis Morlaix-Communauté et An Dour se sont investies dans le cadre de la coopération décentralisée sur un très gros projet sur la Palestine autour de la maîtrise de l’eau dans le camp de réfugiés de Jalazone. C’est avec une très grande fierté que nous voyons progresser à grands pas ce projet et les contacts réguliers que nous avons avec le camp de réfugiés de Jalazone nous permettent d’avoir une approche politique de cette question de la solidarité concrète avec le peuple palestinien. Le fait de pouvoir m’être rendu sur place et de recevoir régulièrement des nouvelles et des amis palestiniens donne une toute autre ampleur à mon engagement sur cette question.

Et maintenant ?

Je m’investis pleinement ainsi que mes camarades dans la campagne municipale avec Jean-Paul Vermot et toute l’équipe de Morlaix ensemble. Je serais présent en fin de liste, car j’ai souhaité partir sur de nouveaux projets. Je resterai pleinement mobilisé sur la question de la Palestine, avec l’AJPF et l’association Morlaix-Wavel, et au sein du PCF en m’investissant davantage sur la section.

Propos recueillis par Ismaël Dupont pour « Le Chiffon Rouge » et « Rouge Finistère »

Invitation de Gladys Grelaud pour un débat sur Relocalisation de l’industrie en Bretagne avec les entrepreneurs et travailleurs

Save the date – Relocalisation de l’industrie en Bretagne avec les entrepreneurs et travailleurs

Landivisiau – Espace Yves Quéguiner

Lundi 19 janvier 2025

18h30

Aux côtés de Gladys Grelaud et Loïc Hénaff, conseillers régionaux de Bretagne, entrepreneurs et représentants des salariés échangeront sur les enjeux industriels pour notre Région : Marie Kieffer, directrice générale de l’ABEA, Michel Le Bot, CFDT Agri-agro du Finistère, Claude Le Martelot, délégué syndical CGT Kerlys (Agro Mousquetaires), et Olivier Le Bras, conseiller régional et ancien syndicaliste à GAD. Cette réunion sera placée sous le signe de l’échange et du dialogue. Un temps important sera consacré aux débats entre les intervenants et les participants, afin que chacun puisse s’exprimer et contribuer à la réflexion collective sur l’avenir industriel de la Bretagne.

Inscriptions : https://docs.google.com/…/1FAIpQLSeMjrUtcfJl7w…/viewform La soirée se terminera par un verre de l’amitié.

« Tout le monde m’appelle Jacqueline » – Portrait de Jacqueline Héré, maire de quartier de Bellevue à Brest pendant 25 ans, dans le Ouest-France du 11 janvier 2026 (Lucile Vanweydeveldt)

Tout le monde m’appelle Jacqueline » : à Brest, joli tour de piste de la maire du bas des tours de Bellevue

Jacqueline Héré, maire adjointe, est fière de son quartier. Bellevue, 17 000 habitants, change de visage avec l’arrivée de la deuxième ligne de tramway à Brest (Finistère). L’élue de 72 ans, également conseillère communautaire et conseillère départementale, a vu la rénovation urbaine redessiner les rues, casser des immeubles et impliquer les habitants. Elle raccroche après trente ans de politique locale.

Jacqueline Héré, maire adjointe du quartier de Bellevue, à Brest : « Tout est fait pour donner envie de rester ici, dans ce quartier multiculturel et solidaire. J’y habite, j’y vis, j’y fais mes courses : ici, on partage. »

Jacqueline Héré, maire adjointe du quartier de Bellevue, à Brest : « Tout est fait pour donner envie de rester ici, dans ce quartier multiculturel et solidaire. J’y habite, j’y vis, j’y fais mes courses : ici, on partage. » |

« Je suis élue depuis 1995 ! Faut savoir s’arrêter, j’ai quand même 72 ans. » Un raisonnement qui n’est pas celui de tout le monde en politique. Jacqueline Héré, maire adjointe du quartier de Bellevue, à Brest (Finistère) ne repart part aux prochaines élections municipales, en mars 2026. Cette élue tout terrain, arrivée à Brest en 1980, fait son dernier tour de piste.« Ici, tout le monde m’appelle Jacqueline, dit-elle. Un élu n’est pas fait pour rester dans sa mairie, au contraire. Aller au contact des gens quand ça va bien et surtout quand ça va mal, c’est mon rôle. »

Cette militante communiste, depuis 1975, est également conseillère départementale, élue avec Kevin Faure sur le canton de Brest-1, et conseillère communautaire. Disponible, elle a toujours donné la priorité aux rapports humains : « Je suis là pour porter la parole des habitants. »« C’est eux l’avenir du quartier »Au lendemain du meurtre d’un jeune homme de 21 ans, le 14 novembre 2025, elle était dans la rue pour rassurer et resserrer les liens après le drame. Manifestations, inaugurations, célébrations…

Jacqueline Héré ne manque aucun rendez-vous qui ponctue la vie du quartier. « On est là pour écouter les gens, quelles que soient les circonstances. Et c’est pas toujours triste. Quand on a fêté la fin des travaux du pont neuf, on a choisi de mettre les écoliers de Quizac à l’honneur. Ils ont écrit et chanté une chanson rigolote sur Bellevue. C’est eux l’avenir. »[Jacqueline Héré, militante communiste, a trente ans de politique locale à Brest à son actif. Elle raccroche aux prochaines élections municipales.]

Jacqueline Héré, militante communiste, a trente ans de politique locale à Brest à son actif. Elle raccroche aux prochaines élections municipales. | Fière de voir son quartier rajeunir, l’élue se souvient de son arrivée à la mairie, en 2001 : « La patinoire venait d’être aménagée. La laisser au milieu des tours et des habitations était un signe politique fort. J’ai de la chance : le quartier est prioritaire. La nouvelle ville, comme on l’appelait à l’époque, porte bien son nom. Avec l’arrivée de la 2e ligne de tramway, on va avoir de nouveaux espaces verts, une nouvelle place Napoléon III, un nouveau centre social pour 2028. La boucle est bouclée. »

« Les gens étaient tout étonnés »Et pour redessiner Bellevue, 17 000 habitants dont 7 000 sont concernés par l’opération de renouvellement urbain, la Ville a consulté ceux qui y vivent. Les premiers ateliers ont démarré en 2017. « Je ne peux pas compter combien il y a eu de réunions, c’est énorme, affirme Jacqueline Héré. Au départ, les gens étaient tout étonnés de voir qu’on tenait compte de leurs remarques. On a vraiment tout pensé avec eux. Et ce n’est pas fini, puisque le chantier va s’étaler jusqu’en 2030 ».

Le nouveau tram est une chance : il jouera un rôle d’ambassadeur en sillonnant des rues et avenues peu fréquentées par les nombreux Brestois qui vont à la Cavale-Blanche. Avec les rails, de nouvelles places, de nouvelles zones de jeux ont été pensées pour les bébés, les mamans et les mémés. « Les citoyens ont leur mot à dire. Pas de politique de la ville sans eux », martèle l’élue.

Fin novembre, les gamins du centre social ont planté dix-sept pommiers et poiriers, dont les essences ont été choisies par les habitants de Kerbernier. Cette graine de citoyens entend récolter les fruits : le parc a été aménagé avec des jeux, des équipements pour faire du sport, des tables et bancs où s’asseoir pour papoter. La réussite de ce quartier, c’est que tout est fait ensemble, de manière collective, avec des partenaires aussi variés que la mairie, le centre social, la médiathèque, des photographes, le service des archives, des associations de mamans et… les gens d’ici.« Tout est fait pour donner envie de rester dans ce quartier multiculturel, lance-t-elle. J’y habite, j’y vis, j’y fais mes courses : à Bellevue, on partage. Des liaisons douces sont aménagées pour descendre vers la Penfeld, un poumon vert avec ses rues bordées de pavillons. À un jet de pierre, sur la dalle, les immeubles en béton sont en hauteur ou en barres, mais à Bellevue, pas de tour d’ivoire. »

Intervention de Gladys Grelaud sur la formation professionnelle – Conseil Régional de Bretagne du 12 décembre 2025

Conseil régional de Bretagne 12 décembre – 

Intervention de Gladys Grelaud, conseillère régionale finistérienne et communiste de Bretagne 

Monsieur le Président, mes cher·es collègues, je m’exprime aujourd’hui au nom de la majorité régionale.

Avant de rentrer un peu plus dans le détail, je voudrais tout d’abord saluer l’important travail des services autour de cette carte pluriannuelle des formations professionnelles initiales mais aussi le tien, chère Forough.

Tout d’abord, je tiens à souligner la démarche qui permet d’avoir une carte pluriannuelle qui offre une bien meilleure visibilité à moyen terme pour l’ensemble des acteurs concernés. C’était un souhait de l’ensemble des partenaires notamment des partenaires sociaux, et nous pouvons nous féliciter collectivement d’avoir réussi à mettre cela en œuvre.

Cette « pluri annualité », au-delà de permettre une meilleure appréciation des enjeux démographiques permet également de concentrer nos efforts sur les métiers de demain. Sur ces aspects, nous nous félicitons de la priorité donnée aux formations professionnelles initiales, dans le domaine de l’industrie, les formations ciblées sont les formations en maintenance et en usinage, tout comme, sur les formations agricoles. Comme nous le répétons régulièrement, au sein de la majorité régionale, les enjeux de réindustrialisation et de souveraineté alimentaire sont cruciaux pour l’avenir de la Bretagne. Former les ouvrières et les ouvriers de demain est une nécessité à laquelle nous nous attelons ainsi.

Cependant, après ces belles paroles, je voudrais tout de même noter, à mon sens, une difficulté importante ou plutôt une incohérence, à laquelle nous conduit le partage de la compétence des formations professionnelles dans la mise en œuvre de cette carte, et principalement, concernant les fermetures de formation.

Cette carte, nous la travaillons en partenariat étroit avec le rectorat, l’état, qui pilote évidemment l’enseignement des formations et les personnels enseignants et qui propose les fermetures et ouvertures. Or, pour qu’un partenariat fonctionne, il faut de la bonne volonté de part et d’autre et l’on ne peut pas dire que cela soit toujours le cas du côté du rectorat.

Le manque de transparence, de concertation et seulement déjà d’information sur les choix faits par le rectorat doit à minima nous poser question.

Pour remettre les choses, tranquillement mais sûrement, à leur place, que je sache sur la fiche de paie des professeurs il est toujours écrit en haut à gauche « éducation nationale » et non Région Bretagne. Le rôle devrait donc incomber au rectorat d’échanger avec ses enseignants en amont d’éventuelle fermeture. Or, et je parle d’expérience, bien souvent les professeurs et même les chefs d’établissement ne sont prévenus que quelques semaines, voire quelques jours, avant que le couperet ne tombe.

C’est ainsi que, par exemple, l’annonce de la fermeture du CAP marqueterie du lycée de l’Elorn n’a été communiquée à l’enseignante qui dispense la formation, depuis plus de 20 ans, que 2 semaines avant son officialisation. 20 ans d’un côté, 2 semaines de l’autre.

Je tiens d’ailleurs à te remercier Forough pour l’écoute et la mobilisation dont tu as fait preuve dans le cadre de nos compétences en proposant d’intégrer cette formation dans notre dispositif Qualif’Emploi. J’en profite également pour saluer ta proposition, Forough, de mettre en place un groupe de travail qui puisse anticiper plus en amont les sujets de fermeture de formations pour l’année prochaine.

Une fois de plus nous assumons nos choix et nous faisons le boulot en trouvant des solutions concrètes sur le terrain. C’est pourquoi il nous paraît essentiel que le rectorat en fasse de même et revoit sa méthode sur la façon dont les premiers concernés, professeurs, élèves, chefs d’établissement, partenaires sociaux sont mis dans la boucle des décisions de fermeture. Derrière ces choix se sont des êtres humains qui sont concernés et affectés et les décisions ne peuvent pas être prises depuis un tableur excel dans le bureau de la rectrice.

Gladys Grelaud

Entretien avec Bernard Jasserand, maire-adjoint de Quimper en charge du quartier de Kerfeunteun (20.000 habitant·es). Décembre 2025

  • Comment as-tu vécu ton mandat de maire de quartier ?

Le maire-adjoint de quartier, c’est l’échelon de proximité du service public municipal, l’élu qui incarne quotidiennement la collectivité sur le territoire qui lui est confié. En charge de la Mairie de quartier de Kerfeunteun, j’ai croisé chaque jour de nombreux habitants et c’est parfois dans les locaux de la Mairie de quartier que j’ai reçu les demandeurs de logement, de stage, d’emploi,…

Mais le plus souvent pour répondre à certaines sollicitations des kerfeuntinois-e-s, après la prise de rendez-vous, je suis systématiquement allé sur le terrain à leur rencontre. Que ce soit pour la voirie, la propreté ou les espaces verts,… c’est accompagné sur place des techniciens des services de la ville que j’ai pu comprendre le contexte et répondre rapidement à leurs demandes. Les habitants apprécient la présence de l’élu de quartier qu’ils identifient comme leur interlocuteur de proximité. Ils ont ainsi l’assurance que leur demande n’est pas égarée.

L’engagement des habitants du quartier dans la démarche de démocratie participative du Conseil de Quartier a aussi été une expérience assez enthousiasmante ; aires de jeux, aires gourmandes, aménagements de voirie, fresque, jardins partagés, armoire à dons,…ont été réalisés grâce à cette concertation citoyenne. Un ambitieux projet de création d’une médiathèque de quartier facilitant l’accès des habitants à la lecture à la culture et aux savoirs est également travaillé depuis 6 ans dans ce cadre.

Cette forme de dialogue permanent avec ce territoire de 20.000 habitants, ses sept établissements scolaires accueillant 2000 élèves et ses nombreuses associations de quartier, m’a permis de multiples rencontres qui sont pour moi la vrai richesse de ce mandat.

Ma culture de militant communiste, rompu aux distributions publiques, aux portes à portes, aux débats politiques, s’est bien accordée avec les exigences de ma délégation.

  • Quelles sont les réalisations qui ont marqué ton mandat ?

Au sein de la majorité municipale de gauche j’ai pu contribuer à la création d’une grande salle événementielle de 3300 places dans le quartier de l’hippodrome, à la construction de nouvelles halles gourmandes, à la reconstruction de la cité sportive de Penvillers, à la rénovation du théâtre Max Jacob, à l’hôtel des solidarités, aux voies douces,…Projets qui ont tous leur importance, mais pour moi le réaménagement de la gare de Quimper restera l’élément fort du mandat. Avec 77% de voyageurs supplémentaires de 2015 à 2023, dont 63% des trajets sont liés au travail ou à la formation, la gare est de plus en plus fréquentée. Même affaibli par le processus de privatisation de l’entreprise SNCF, cet aménagement reste une réponse de Service Public à des besoins de transports TGV ou TER. Ces réalisations sont avant tout le résultat d’un travail d’équipe. Avec mes camarades élus communistes nous avons constamment veillé à l’aspect social des projets ; tarifs accessibles, développement du logement locatif social attendu par 3500 demandeurs, nouvelles gratuités pour les jeunes de moins de 25 ans dans les transports et l’accès aux médiathèques. Mais lorsque cela était nécessaire nous nous sommes opposés au travail dominical, à l’extension du stationnement payant ou à l’armement de la Police Municipale…

  • Qu’est-ce que ton expérience d’élu communiste t’enseigne du rapport avec les citoyen·ne·s, et du travail avec tes collègues élus ?

Le lien des élus communistes avec le mouvement social et le monde du travail, étant souvent nous-mêmes syndiqués, nous conduisent à intervenir fréquemment sur le terrain et dans les instances en faveur de l’emploi et des conditions de travail des salariés. C’est particulièrement vrai aussi pour la défense des services publics, les écoles, la Poste, l’Hôpital, les transports,…Dans le domaine de l’énergie, compte tenu de mes engagements professionnels et syndicaux, j’ai porté un premier vœu d’opposition à la fermeture de trois agences d’exploitation Enedis (Pont l’Abbé, Douarnenez, Quimperlé) qui nous ont tellement manqué lors de la tempête Ciaran en novembre 2023 et un vœu demandant la sortie de la France du marché spéculatif européen de l’énergie qui a amputé le budget de la ville de 3,5 millions d’€.

Compte tenu de l’attitude rassembleuse et respectueuse des élus communistes, ces deux vœux soutenus à l’origine par les élus communistes, ont été portés et adoptés par l’ensemble de la majorité.

De même pour celui présenté sur Gaza et la Palestine, exigeant l’arrêt des bombardements et la reconnaissance d’un état palestinien dans les frontières de 1967 qui a été adopté grâce au soutien de toute la majorité.

Cela illustre la capacité des élus communistes à travailler avec d’autres et à contribuer aux différents projets sans renier leurs valeurs.

Suppression des emplois aidés, un coup de Trafalgar contre les plus fragiles.

Un communiqué de presse du groupe des élu.e.s communistes de Brest

banner

Suppression des emplois aidés, un coup de Trafalgar contre les plus fragiles !

Le Gouvernement a décidé de tailler dans les contrats aidés. C’est inadmissible ! Cette mesure brutale est un coup de massue qu’Emmanuel Macron, le PDG de la République, assène aux collectivités, aux associations et aux personnes les plus vulnérables. À terme, près de 300 000 personnes risquent de se retrouver au chômage.

imagespoleemploi

Sur Brest, la suppression des contrats aidés aura de violentes répercussions. Le secteur associatif qui remplit des missions d’utilité publique a recours aux contrats aidés. Comment pourra-t-’il mener ses actions au mieux s’il doit se priver d’une partie de ses salariés ? Il ne le pourra pas, bien évidemment.

D’autre part, au sein de notre collectivité, 70 agents sous contrat aidés contribuent au service public rendu aux habitants. En direction notamment des publics les plus fragiles, c’est à dire les enfants et les personnes âgées. Ces postes répondent à des besoins concrets et quotidiens des Brestois. Supprimer les postes ne supprimera pas les besoins !

La suppression des contrats aidés par Emmanuel Macron entraînerait une double peine pour les personnes les plus fragilisées. D’un côté, les services dont elles et leur famille bénéficient se verront amputer faute de moyens. D’autre part, ces personnes se retrouveront à la case chômage.

C’est en réalité un vaste plan social que nous dénonçons.

Nous, élu-e-s communistes, demandons à ce que l’État accompagne les associations pour transformer les contrats aidés en emplois sécurisés et qualifiés. Nous exhortons également le Gouvernement à doter les services publics et les collectivités locales de financements dignes de ce nom. Cela permettrait le recrutement de personnels sur des emplois durables, nécessaires à la satisfaction des besoins des populations.

 

Groupe des élu-e-s communistes de la Ville de Brest, le 31 août 2017.

Jacqueline Héré, Eric Guellec, Claude Bellec, Jean-Michel Le Lorc’h, Gaëlle Abily

paroles communistes #7 – section de Brest

Dans le dernier Paroles communistes publié par la section de Brest on trouve, outre le rappel de l’AG des communistes finistériens le 8 juillet de 10 à 13h à Rosporden :

  • un vote des élu.e.s communistes brestois pour défendre les moyens pour les écoles publiques (ci dessous en intégralité
  • une affiche de campagne du PCF pour réclamer justice pour les victimes de l’amiante
  • la mobilisation pour la Fête de l’Huma les 15 16 et 17 septembre (25€ le prix en vente militante)
  • un rappel de la résolution du CN du 24 juin
  • le rappel de la campagne d’été L’été ce n’est pas fait pour casser le code du travail !

Lors du Conseil municipal du 29 juin 2017, la délibération 25 portait sur les projets de conventionnement entre la Ville et les écoles privées brestoises. En désaccord sur l’accompagnement financier facultatif de la Ville aux écoles privées maternelles, le Groupe des élu-e-s communistes, par la voix d’Éric Guellec, s’est prononcé contre.

md0.libe.com

« Il nous est aujourd’hui proposé d’approuver les projets de convention concernant la mise en œuvre de la prise en charge par la Ville des dépenses des écoles privées pour les 4 prochaines années.

Cela dans un contexte budgétaire contraint, il n’est pas inutile de le rappeler, une fois de plus.

Vous le savez tous, la loi prévoit la prise en charge obligatoire par les communes des dépenses de fonctionnement des classes des écoles élémentaires, qu’elles dépendent de l’enseignement public ou de l’enseignement privé sous contrat.

Cette loi ne satisfait pas le Parti Communiste Français qui souhaite que les fonds publics financent uniquement l’Éducation Nationale. Afin de toujours améliorer la qualité du service public qu’elle doit rendre à tous les enfants.

Mais ce combat politique dépasse bien évidemment le cadre de notre Conseil Municipal.

A la lecture de cette délibération, nous notons certes que la Ville concentrera désormais son accompagnement de la scolarisation dans le privé sur les élèves dont les parents habitent à Brest.

Cependant un point nous pose réellement question : celui de l’accompagnement financier par notre Ville de la scolarisation dans les écoles maternelles privées.

Rappelons que ce financement, aux yeux de la loi, n’a aucun caractère d’obligation. Il est purement facultatif.

Nous souhaitons qu’à l’avenir, soit baissé de façon significative l’accompagnement financier de la Ville de Brest à la scolarisation dans les écoles maternelles privées sous contrat.

Nous voterons contre cette délibération. »

Élu.e.s communistes de Brest le jeudi 29 juin 2017.

amiante

201706-pcf-macron-code_du_travail

FETE-DE-L-HUMANITE-2017_3613719495346613109

LGV et TER : mêmes services et besoins publics

L’élu communiste de Quimper, Piero Rainero a fait voter au Conseil Municipal de la ville un vœu pour défendre et développer le service public  ferroviaire. La mise en place de la LGV ne doit pas empêcher le renforcement des TER, trains d’équilibre du territoire, singulièrement la liaison Landerneau-Quimper.

Il a été adopté par 39 voix et 10 abstentions.

Ce vœu est adressé particulièrement au président de la Région Bretagne et à la ministre des Transports.

juin-09-824

Proposition de vœu à porter à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Conseil Municipal conformément à l’article 2.2.7 du règlement intérieur.

À l’intention de Madame Elisabeth Borne Ministre de la transition écologique chargée des transports et de Monsieur Loïg Chesnais-Girard Président du Conseil Régional de Bretagne.

La mise en service le 2 juillet prochain de la LGV en Bretagne s’accompagne de modifications de la desserte par les TER qui affectent les déplacements des usagers du quotidien : personnes se rendant à leur travail, scolaires et étudiants.

Les habitants de notre ville et de toute la Cornouaille sont directement concernés.

Par exemple s’agissant de la gare de Quimper :

Pour la destination de Rennes le dernier TER direct du matin partira à 6H38, et en fin de journée, de Rennes vers Quimper, il n’y aura que 2 TER directs après 16H, le dernier étant à 17H35.

Pour la destination d’Auray il ne restera que 3 TER directs avant 10H au départ de Quimper contre 6 actuellement, et pour Lorient il n’en restera plus que 3 avant 8h contre 6 auparavant.

Quant à se reporter sur les TGV, les tarifs sont plus élevés et les places ne sont pas réservées pour les titulaires de la carte Korrigo.

De plus il importe de mieux coordonner aux nouveaux horaires des TGV ceux des lignes de cars du conseil départemental desservant les gares de Quimper et de Brest.

1024px-TER_Bretagne,_plan_du_réseau

L’arrivée à Quimper de la grande vitesse ne doit pas conduire à une baisse de la qualité de la desserte ferroviaire régionale qui se traduirait par le report sur la route d’une partie du trafic voyageurs au bénéfice des sociétés privées de transport.

Le transport ferroviaire répond à une nécessité de service public pour les usagers, qui n’ont souvent pas d’autre choix, et pour le développement harmonieux des territoires qu’il dessert. Il répond aussi à des exigences de sécurité et à des impératifs écologiques incontournables.

Le conseil municipal de Quimper demande par conséquent à Madame la Ministre de la transition écologique chargée des transports et à Monsieur le Président du Conseil régional de Bretagne de rechercher avec la SNCF, en lien avec les élus concernés, les syndicats de personnels, les représentants des différents collectifs de défense des usagers, les solutions les plus adaptées aux problèmes qui restent posés : horaires, cadencement des TER et tarifications.

Quimper le 23 juin 2017.

Piero Rainero, conseiller municipal communiste de Quimper.