Tag: transition écologique

Article de Scarlett Bain dans l’Humanité Magazine: le long de l’Odet, le chant de l’eau se tait

DANS L’HUMANITÉ MAGAZINE DE CETTE SEMAINE, LA SÉCHERESSE SUR L’ODET ET SON BASSIN VERSANT.SCARLETT BAIN EST VENUE ENQUÊTER POUR L’HUMA À QUIMPER ET SUR LES BORDS DE L’ODET.Inondations – ça c’était en janvier à Quimper qui a enregistré son mois le plus pluvieux et des inondations au centre ville et sur les rives du Steïr, affluent de l’Odet (Quimper = Kemper en breton = confluence ) – 3 périodes d’alerte rouge canicule en mai, juin et juillet (le 15 juin à 6h du matin la température la plus haute en France à cette heure a été enregistrée …à la Pointe du Raz avec 29,3°…) et sécheresse record aux mois de juin et juillet, la plus forte depuis 1970, les chiffres de la sécheresse de 1976 avec ses grandes mobilisations de paysans sont dépassés.Est dépassée aussi l’idée que le Finistère et la Bretagne connaissent un climat océanique tempéré…Même si d’autres régions ont été plus lourdement touchées.Résultat le bassin versant de l’Odet a été placé en alerte rouge sécheresse.La difficulté supplémentaire est que, en raison du sol granitique, les nappes phréatiques sont petites et ne fournissent que 30% des réserves d’eau, 70% viennent des eaux superficielles, et l’eau apportée par les rares pluies orageuses a été captée par la végétation assoiffée et fragilisée ou s’est évaporée.Cette situation valide la démarche du PCF qui s’est doté depuis deux ans d’un plan climat – Empreinte 2050 – et est jusqu’à présent le seul à l’avoir fait.Et son engagement pour une gestion publique de l’eau assurant à chacun-e l’accès à ce bien commun essentiel à la vie et permettant le maintien des activités d’intérêt général.Ce n’est pas par des mesurettes qu’on règlera le problème ni par les tentations autoritaires et austéritaires de ceux qui, comme le président de droite du conseil départemental du Finistère, appellent à utiliser le « levier tarifaire » pour réduire la consommation, notamment l’été, …autrement dit à accroître toujours plus les inégalités au détriment des plus modestes.Certes il faut un usage raisonné de l’eau, à cette fin il est indispensable de remettre en état les réseaux vieillissants pour limiter les fuites et sécuriser l’accès à l’eau.Une suggestion : que l’État mette à la disposition des collectivités une petite partie des 211 milliards dispensés annuellement sans contrôle aux grandes entreprises, ou une partie des fonds qui vont à l’arme nucléaire, les communes et agglomérations sauront en faire bon usage !

Tribune de Fabien Roussel: Nos forêts brûlent, arrachons-les à la loi du profit!

Tribune de Fabien Roussel dans L’Humanité

Le changement climatique est une réalité. Les canicules, les sécheresses et les vents violents créent des conditions propices à des incendies d’une ampleur inédite. Mais face au feu, il faut aller plus loin et interroger une gestion forestière dictée par les exigences du capital. Par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

En Gironde et dans les Landes, plus de 40 000 hectares ont brûlé et près de 220 000 personnes ont été évacuées. Je salue le courage des pompiers, des agents et des bénévoles, et assure les habitantes et habitants de toute notre solidarité. Les flammes retombées, nous refuserons les larmes officielles et l’oubli.

Déjà, lors des feux exceptionnels de 2022, je m’étais rendu sur place pour pointer du doigt le manque de moyens pour lutter contre ces incendies géants.

1 800 centres de secours supprimés en vingt ans, avec plus de 1 000 camions-citernes perdus et une flotte de vingt-trois avions, dont douze Canadair, âgée en moyenne de trente ans ! Face au feu, l’austérité désarme la République. Il faut rouvrir des casernes rurales, renforcer les SDIS, produire en France et en Europe des bombardiers d’eau et investir dans la télédétection, les points d’eau et les pistes forestières. Commençons par ouvrir une base permanente à Mont-de-Marsan pour les bombardiers d’eau.

Mais il faut aller plus loin et interroger une gestion forestière dictée par les exigences du capital.

Pourquoi cela brûle autant ?

Le changement climatique est une réalité. Les canicules, les sécheresses et les vents violents créent des conditions propices à des incendies d’une ampleur inédite.

Et le climat n’est pas seul en cause !

Le massif des Landes de Gascogne façonné par nos ancêtres, composé à 80 % de pin maritime, constitue un patrimoine écologique exceptionnel, un outil de production qui fait vivre des milliers de salariés et irrigue toute une filière économique. Mais cette monoculture dense organisée pour maximiser les prélèvements et la rentabilité rend le massif particulièrement vulnérable aux incendies. Le climat allume la mèche ; le capitalisme accumule le combustible.

Au-delà de ce seul massif, en France, 75 % de la surface forestière appartient à des propriétaires privés. Ils participent pleinement à la vie de la filière bois. Mais lorsque les conséquences des incendies concernent l’ensemble de la société, la puissance publique doit retrouver les moyens de planifier, de coordonner, de conditionner ses aides afin d’accompagner l’évolution des pratiques. D’autant qu’en dix ans, la capacité du puits forestier à stocker le carbone a été divisée par 2,5.

C’est pourquoi nous avons besoin d’un vaste chantier national associant forestiers, les salariés de la filière bois et leurs organisations syndicales, propriétaires, élus locaux, scientifiques, associations et citoyens pour organiser le changement de modèle qui permettra de relever les défis sociaux et écologiques du XXIe siècle.

Pour ouvrir le débat, le PCF propose une loi de programmation forestière et un grand service public forestier, compétent pour les forêts publiques comme privées, réunissant services de l’État, ONF, CNPF et recherche publique. En matière de lutte contre les feux de forêt, il coordonnera la prévention avec les SDIS, la Sécurité civile et les comités communaux feux de forêt. Doté des moyens nécessaires, il embauchera 2 000 agents sous statut de fonctionnaire, indépendants des intérêts économiques.

Nous proposons de créer des conférences forestières territoriales réunissant tous les acteurs pour décider d’orientations auxquelles devront se conformer les plans de gestion privés. Chaque euro d’aide ou de crédit sera conditionné à la diversification des peuplements, à la baisse des densités, au soutien à l’exploitation en forêt irrégulière, à l’encadrement des coupes et à la transformation locale. Soutenons le sylvopastoralisme et l’agriculture, qui créent des coupures de combustible. Soumettons tout projet de bois-énergie à une étude indépendante de la ressource et du bilan carbone. Un fonds national d’adaptation, financé par les grands groupes de la filière, accompagnera cette transformation.

La France peut payer les catastrophes ou décider enfin d’investir dans la prévention, le climat et la souveraineté industrielle. Le PCF choisit la maîtrise publique, la planification démocratique et le temps long. Nos forêts ne doivent plus obéir aux seuls cours du bois : elles doivent servir la vie.

Le changement climatique est une réalité. Les canicules, les sécheresses et les vents violents créent des conditions propices à des incendies d’une ampleur inédite. Mais face au feu, il faut aller plus loin et interroger une gestion forestière dictée par les exigences du capital. Par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

Le changement climatique est une réalité. Les canicules, les sécheresses et les vents violents créent des conditions propices à des incendies d’une ampleur inédite. Mais face au feu, il faut aller plus loin et interroger une gestion forestière dictée par les exigences du capital. Par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

Le changement climatique est une réalité. Les canicules, les sécheresses et les vents violents créent des conditions propices à des incendies d’une ampleur inédite. Mais face au feu, il faut aller plus loin et interroger une gestion forestière dictée par les exigences du capital. Par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

Incendies: Solidarité du PCF avec les sinistrés. Face au désastre, pour venir en aide aux victimes des incendies, faites un don au Secours Populaire à l’ordre de Urgence incendie – Secours populaire 29

COMMUNIQUE DE PRESSE

Incendies en Gironde et dans les Landes : face au désastre, faisons vivre la solidarité nationale (PCF)

Le Parti communiste français exprime à nouveau toute sa solidarité avec les populations touchées par les violents incendies qui frappent la Gironde et les Landes, comme avec celles confrontées aux feux dans d’autres départements. Nous adressons notre soutien aux personnes évacuées ou ayant perdu leur logement, leur véhicule ou leurs biens, ainsi qu’aux sapeurs-pompiers, personnels des services publics, bénévoles et habitantes et habitants mobilisés.

Dans cette situation dramatique, le PCF salue l’initiative du Secours populaire français, dont les bénévoles sont engagés auprès des populations sinistrées, parfois alors qu’ils sont eux-mêmes directement touchés par les incendies.

Le Secours populaire a lancé hier un appel national aux dons financiers afin de répondre aux besoins immédiats mais aussi d’accompagner les familles dans la durée.

Le PCF appelle nos concitoyennes et concitoyens qui le peuvent, à participer à cet élan de solidarité.

Il appelle également ses militantes et militants, dans toute la France, à organiser la collecte de dons pour venir en aide aux familles localement.

Comme à chaque drame, la solidarité s’exprimera aussi à travers les collectivités qui peuvent apporter une aide financière auprès des communes touchées. Les villes à direction communiste y participeront.

Mais la solidarité ne peut reposer sur la seule générosité populaire. L’État également doit prendre toute sa part à l’effort financier nécessaire. Le PCF appelle à la mobilisation rapide de moyens publics exceptionnels pour venir en aide aux sinistrés, soutenir les communes touchées et les associations engagées sur le terrain, réparer les équipements détruits et permettre la reconstruction des logements et des activités. Les assurances devront répondre présentes et agir sans tarder en déployant rapidement des moyens humains pour venir en aide à leurs assurés et débloquer au plus vite les fonds nécessaires.

Cette mobilisation devra se poursuivre une fois les flammes éteintes. Pour de nombreuses familles, les conséquences matérielles, sociales et psychologiques de ces incendies dureront des mois. Comme à chaque fois les plus vulnérables qui ont vu leur biens dégradés ou détruits seront les plus démunis pour affronter un tel drame.
Aucune famille ne doit être laissée seule face aux pertes subies et aux démarches à accomplir.

Face aux catastrophes, la République doit garantir une solidarité nationale à la hauteur des besoins. Aux côtés de l’action indispensable des services publics, la solidarité populaire rappelle une nouvelle fois la réactivité de nos concitoyens et leur générosité à l’égard des victimes et des plus vulnérables.

Le 27 juillet 2026

Pas de capitalisme sans casser des oeufs ! Questions à Xavier Compain

Xavier Compain a animé pendant l’Université du PCF à Angers un débat avec Jean Louis Durand , chercheur communiste à l’INRA, cégétiste , sur le thème « l’agriculture au défi de la transition écologique « 

A la Fête de l’Humanité, le samedi 16 septembre à 14h30, il animera un débat sur l’Alimentation, la Santé, l’Agriculture et l’Environnement sur le thème « Du danger dans nos assiettes. Pas de capitalisme sans casser des œufs ».

FETE-DE-L-HUMANITE-2017_3613719495346613109

Parallèlement, dans le sillage de la vente solidaire de fruits et légumes à juste prix du 17 août des agriculteurs du MODEF et du Parti Communiste sur une centaine de points de vente, les communistes bretons présents sur la fête de l’Humanité au parc de la Courneuve organiseront un marché solidaire de légumes et de fruits bretons le samedi 16 septembre dans l’après-midi.

Voici une interview de Xavier Compain réalisée pour le journal du PCF Finistère du mois de septembre « Rouge Finistère » en lien avec le récent scandale des œufs contaminés au Fipronil    

ob_041236_xavier-compain-et-la-cgt-indecosa Xavier Compain, porte-parole du PCF Bretagne et responsable de la commission Agriculture-Pêche-Fôrets du PCF avec Martine Sellier, présidente de la CGT Indecosa

PAS DE CAPITALISME SANS CASSER DES ŒUFS !

3 questions à Xavier Compain, porte-parole du PCF Bretagne, animateur de la commission Agriculture-Pêche-Forêt du Parti Communiste. Sommes-nous sûrs de ce que nous consommons ?

 

Avec les poulaillers traités au Fipronil, pourtant interdit on a l’impression qu’une crise agro- sanitaire succède à une crise agro-sanitaire.

Cette crise dite du Fipronil (des poulaillers géants ont été désinfectés avec ce produit interdit) fait suite à d’autres crises dans des secteurs très différents les uns des autres… On a des alertes depuis des années. Souvenons nous de la « vache folle » entre 1996 et les années 2000, des épidémies de grippe aviaire qui traversent le globe, des lasagnes à la viande de cheval. N’oublions pas non plus les dommages collatéraux, qui touchent notre environnement : les marées d’algues vertes sur nos côtes, les pollutions au nitrate des cours d’eau. Si les crises s’enchaînent, c’est que peu de choses changent et que les changements, quand il y en a, prennent un temps fou ou sont partiels. Et je ne parle pas des décisions publiques contradictoires et brouillonnes. Tout cela n’est pas lié au hasard, au « pas de chance ». Le système de production est directement en cause. C’est un système à bout de souffle qui interpelle à juste titre.

 

C’est, comme on dit, un risque systémique ?

Oui. Bien sûr C’est le gigantisme des lieux de production, la standardisation des produits et des cultures, la spécialisation des exploitations, la course au profit, en amont des fournisseurs, en aval des distributeurs. Certains qualifient le système comme « industriel libéral ». Appelons un chat un chat et une poule une poule, c’est la marque même du système capitaliste. Reprenons le cas du Fipronil. Quand une exploitation accueille 30 000 poules, pondeuses ou non, bien évidemment la désinfection obligatoire des immenses locaux ne peut être confiée qu’à des entreprises de nettoyage industriel et/ou à des procédés de décontamination particulièrement agressifs. C’était le cas en l’espèce. Le développement sans limite des exploitations – 20 000 porcelets pour 980 truies gestantes là, 1000 vaches ici, 35 000 canards ailleurs – expose le cheptel entassé au moindre virus, à la moindre attaque bactériologique et favorise les réponses en « cides » : fongicide, insecticide, pesticide, et « aincide » de suite…

ob_f4ae10_xavier-compain-dartigolles-bonnet Xavier Compain, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF et Nicolas Bonnet-Ouladj, président du groupe communiste des élu.e.s de Paris lors d’une vente solidaire de fruits et légumes, organisée par le PCF, place de la Bastille à Paris.

Alors ?? STOP… ou encore ?

Pour des raisons impérieuses qui intéressent l’emploi, le revenu des agriculteurs et la reconnaissance de leur savoir faire, la qualité alimentaire, l’aménagement du territoire, l’environnement, il est urgent de reconsidérer le modèle agricole qui nous a été progressivement imposé au tournant des années 70. Un modèle qui a démontré sa nocivité et son inadéquation avec les besoins humains. Nous n’en voulons plus. Le monde ne se divise pas entre je ne sais quels détenteurs des progrès techniques et les folkloristes, adeptes des sabots de bois et des sols en terre battue dont nous serions.

Nous travaillons à la promotion d’une agriculture paysanne capable de satisfaire en tout premier lieu les besoins locaux et nationaux, libérée des contraintes mortifères de la concurrence internationale, hautement qualifiée, notamment d’un point de vue agronomique, respectueuse des consommateurs et de ceux qui les nourrissent.

Propos recueillis par Gabriel Collorec.